Les Organisation non gouvernementales (ONG) constatent depuis une dizaine d’année une profonde modification du profil de leurs salariés. La mise en place de nouveau cursus universitaires y est pour beaucoup. L’ouverture dans la plupart des grandes universités d’enseignements et de formations consacrés à l’accompagnement humanitaire et solidaire ou aux missions de développement a profondément marqué un secteur toujours très attractif en France.
Il en résulte une vraie professionnalisation du secteur. DESS et Masters viennent s’ajouter aux diplômes plus anciens d’écoles et instituts spécialisés dans le domaine. Mais avant tout c’est l’expérience qui prime.
La plupart des ONG internationales recrutent davantage de diplômés Bas+4 et Bac+5 qu’auparavant. Elles privilégient une expérience dans l’univers associatif, voire des missions à l’étranger, ou tout simplement la société civile. Car la théorie ne suffit pas, et l’expérience préalable permet aussi un meilleur retour à l’emploi en fin de mission. L’associatif est un petit univers, rappellent les services de ressources humaines qui estiment entre 75 et 90 % la part des salariés qui, quittant une ONG, restent cependant dans le secteur associatif.
Une montée en compétences des profils
Outre les métiers de support classiques (comptables, financiers, spécialistes du marketing ou des ressources humaines, etc), elles recherchent des professionnels de l’encadrement, des accompagnateurs de projets et des métiers de coordination. De nombreuses professions visant à encadrer et organiser les « armées » de bénévoles et de volontaires sur lesquelles elles s’appuient afin de mener à bien leurs missions d’assistance, de développement, d’éducation du public aux causes qu’elles défendent ou de plaidoyer auprès des pouvoirs publics.
Mais cette montée des exigences en termes de compétence et d’expérience résulte tout particulièrement d’un environnement nouveau dans le domaine. Ce sont avant tout les institutions, les pays partenaires et les bailleurs de fonds qui dictent les règles, pour toujours plus de transparence, de rigueur et de sécurité. Envoyé un salarié à l’étranger en tant qu’expatrié suggère une organisation bien plus stricte qu’il y a dix ou vingt ans, parce que toutes les parties prenantes de l’aide internationale exigent davantage de garanties.
Si les ONG recrutent en moyenne quinze à quarante salariés par an chacune, chiffre relativement stable sur les dernières années, et croulent sous les candidatures spontanées, elles peinent parfois à pourvoir certains postes, comme en témoignent les responsables du personnel. Car il faut souvent ajouter aux exigences des partenaires les desideratas des salariés eux-mêmes, peu enthousiastes à aller se frotter à des zones sinistrées ou des pays en plein conflit. Une affaire de motivation, aussi.
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© Uni éditions – Etienne Burkel – décembre 2010





