L’idée
« Il y a deux ans, j’étais encore étudiant : je devais financer mes études et je faisais des petits boulots de serveur, mal payés et difficiles à concilier avec les cours à cause du manque de flexibilité », raconte Morgan Dierstein, l’un des trois jeunes créateurs du site louerunetudiant.com. Et d’ajouter : « Lorsque j’ai fini mes études, je n’avais aucune expérience à faire valoir sur mon CV, et je me suis retrouvé complètement démuni lors des entretiens d’embauche. » C’est à partir de ces deux constats qu’a été lancé le site Internet, en janvier 2011. L’idée est simple : des étudiants utilisent les connaissances apprises en cours pour se faire « louer » par une entreprise, pour des missions ponctuelles. Après à peine six mois d’existence, le site Internet compte déjà 6.000 étudiants inscrits, plus de 1.000 entreprises, et 800 missions proposées. Un vrai succès.
Des avantages pour l’entreprise… et pour l’étudiant
Pour les entreprises présentes sur le site, l’avantage est évident : les étudiants représentent un coût beaucoup moins élevé que lorsqu’ils font appel à une agence de prestataires, et pour des missions aussi diverses et complexes que la traduction de documents, l’élaboration d’un logo ou d’un site Internet, ou encore la réalisation d’une étude de marché. Etudiant à Lyon en 4e année de dessin académique, où il étudie le graphisme et la création visuelle, Xavier a déjà effectué trois missions de refonte visuelle d’un site Internet via louerunetudiant.com : « C’est très enrichissant, car cela me donne un avant-goût du monde professionnel et ajoute une expérience significative sur mon CV, argumente-t-il. Ca s’est très bien passé avec les clients pour lesquels j’ai travaillé. A la fin de mes études, je leur proposerai non plus de me louer, mais de m’acheter ! ».
Une initiative critiquée
Les trois créateurs du site sont pourtant accusés par certains syndicats étudiants de renforcer la précarisation des jeunes, en « bradant » leur travail. « Ceux qui nous critiquent ont-ils des solutions pour enrayer le chômage des jeunes et réduire les difficultés financières des étudiants ? questionne Morgan Dierstein. Et puis ce n’est pas dans notre intérêt d’accepter que des missions sous-payées apparaissent sur notre site, car nous touchons une commission de 15 % », justifie-t-il. Quant à Xavier, il est plus que satisfait de la rémunération de son travail : « Pour environ trois jours de travail à temps plein, j’ai gagné 1.200 euros. Pour moi, c’est énorme, mais pour l’entreprise, cela reste deux fois moins cher qu’ailleurs. ». Et si, finalement, tout le monde y trouvait son compte ?
Pour en savoir plus : www.louerunetudiant.com
© Marion Sevenier — Uni-éditions — Juillet 2011




