*L’AEF (Agence emploi formation), est une agence d’information professionnelle numérique spécialisée dans l’éducation, l’enseignement les ressources humaines et le développement durable.
Travailler dans le secteur privé
Les étudiants de Master 2 universitaires ne voient pas le service public comme une planche de salut. Au contraire, ils semblent plébisciter l’entreprise : 61 % d’entre eux souhaitent y travailler, et 68 % pensent que c’est là qu’ils ont le plus de chances d’être embauchés. En termes de bien-être, 76 % estiment même qu’ils pourraient s’y épanouir, avec une nette préférence pour les grandes et moyennes entreprises. Pour Danielle Deruy, c’est « un préjugé de taille qui tombe, et devrait faire changer d’avis tous ceux qui continuent à penser que les étudiants d’origine universitaire ont un problème culturel et psychologique vis-à-vis de l’entreprise ». La fonction publique, quant à elle, attire davantage les littéraires, avec un étudiant sur deux souhaitant faire carrière dans l’enseignement.
Job et employeur idéaux…
Les étudiants en fin de cursus ont leur petite idée de ce que pourrait être l’environnement professionnel idéal. Un travail passionnant, formateur, une bonne ambiance et de bonnes perspectives d’évolution sont les qualités essentielles que les étudiants attendent de leur futur emploi. Quant au patron idéal, il est attentif à ses salariés, bon gestionnaire, dynamique et innovant. Une bonne prise en compte des valeurs sociales et environnementales est également devenue un critère essentiel pour ces futurs diplômés. « On peut y voir une évolution sociétale, celle d’une meilleure prise en compte des valeurs RSE* et du développement durable », souligne Danielle Deruy.
Des exigences trop modestes
Alors que 56 % des jeunes interrogés sont prêts à travailler beaucoup pour avoir un niveau de vie confortable, ils n’en restent pas moins pessimistes sur le début de leur carrière. Les trois quarts d’entre eux estiment qu’il leur sera difficile de trouver un premier emploi. En termes de salaire, ils se sous-estiment également : en moyenne, ils seraient prêts à accepter un salaire de 1 750 euros brut par mois après leurs cinq années d’études, alors que, selon les statistiques de l’APEC, le salaire moyen d’un jeune diplômé de master est de 2 170 euros brut par mois. « Ce pessimisme est malheureusement le fruit de plusieurs dizaines d’années de rejets de l’université par les élites. Mais cela commence à changer. Il serait temps que les étudiants eux-mêmes reprennent confiance en eux et apprennent à “se vendre” aux responsables des entreprises ! » conclut Danielle Deruy. Un manque de confiance en eux qui n’est pourtant pas justifié : selon le sondage, les étudiants de l’université ont tout autant de chances de trouver un emploi rapidement que ceux qui proviennent des grandes écoles. *Responsabilité sociétale des entreprises.
© Marion Sevenier — Uni-éditions — Juillet 2011




