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Apprendre en jouant : les serious games

Plus accro aux jeux vidéo qu’aux cours d’histoire ? Et s’il était possible de combiner les deux ?

C’est l’objectif des serious games, qui s’installent peu à peu dans les univers de la formation et de l’école.

Pour Julian Alvarez, docteur en science de la communication et de l’information, « un serious game est une application informatique dont l’objectif est de combiner à la fois des aspects sérieux tels l’enseignement, l’apprentissage, la communication ou encore l’information, avec des ressorts ludiques issus du jeu vidéo. Une telle association a donc pour but de s’écarter du seul divertissement ». Et même s’ils sont nés dans les années 80 avec l’apparition des premiers jeux vidéo, ils ne sont devenus populaires auprès du grand public que depuis peu avec l’émergence, par exemple, des jeux d’entraînement cérébral, alliant ainsi l’utile à l’agréable. Au confluent du jeu vidéo et de l’apprentissage, les jeux sérieux se différencient de l’e-learning, qui consiste en la mise à disposition de contenus pédagogiques par des moyens électroniques (intranet, Internet, cédérom…), mais sans utiliser les technologies du jeu vidéo, ni sa dimension ludique.

Apprendre en jouant

De la petite enfance au monde du travail, il existe des serious games dans des domaines aussi variés que l’environnement, la santé, l’orientation, ou tout simplement les mathématiques, le français ou l’histoire. « L’avantage indéniable des jeux sérieux est qu’ils sont beaucoup plus attractifs que les modes d’apprentissage traditionnels, surtout pour les adolescents. Un jeu sérieux reste toujours plus ludique qu’une fiche de révision ou un cahier de vacances », explique Michel Lavacry, responsable du blog jeuxserieux.fr, dépendant du Centre de ressources et d’information sur les multimédias pour l’enseignement supérieur (Cerimes). L’utilisation des serious games, grâce à leur interactivité et à leur attractivité, pourrait donc être utile dans la lutte contre le décrochage scolaire. Mais l’engouement pour cette nouvelle technologie ne s’arrête pas au domaine de l’éducation, puisque les grandes entreprises l’utilisent de plus en plus dans leurs processus de formation, majoritairement avec des jeux de mise en situation virtuelles.

Quel avenir pour les serious games ?

Avec un chiffre d’affaire de près de 50 millions d’euros, le marché français du serious game n’en est qu’à ses prémices. En 2009, un appel à projet doté de 20 millions d’euros a été lancé par le ministère de l’Economie et a permis le développement d’une quarantaine de jeux sérieux, dont quelques-uns ont été présentés au début du mois de novembre. Parmi eux, Star Teacher permet d’apprendre l’anglais sur la base d’extraits de films célèbres : l’élève doit construire des dialogues à l’écrit ou à l’oral, en travaillant à la fois sur sa grammaire et son accent. Les éditeurs de serious games jouent également sur le nomadisme, en proposant de plus en plus d’applications sur smartphones. Nous pourrons peut-être bientôt jouer, apprendre et prendre le métro en même temps.

Plus d’infos : http://www.jeux-serieux.fr/ http://cursus.edu/institutions-form...

© Marion Sevenier – Uni-éditions – novembre 2011

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