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Les dangers du bizutage

Le débat sur le bizutage est aujourd’hui relancé pour éviter que de telles dérives se perpétuent quelques éclairages sur la loi.

Après la publication sur Twitter de photos très controversées d’un week-end d’intégration dans une école de commerce bordelaise, le débat sur le bizutage est aujourd’hui relancé pour éviter que de telles dérives se perpétuent.

Depuis 1998, le bizutage est considéré comme un délit passible de 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende. Ces rites et pratiques sont pourtant loin d’avoir disparu au sein des établissements d’enseignement supérieur français.

Xavier, se souvient encore des rituels qui ont marqué son entrée en prépa HEC alors qu’il avait 17 ans. « Personne n’était obligé de se rendre à ce week-end, mais c’était un moyen pour les années supérieures de savoir qui était sympa ou non », raconte-t-il. « Les jeux, toujours très arrosés, consistaient à simuler un orgasme, faire des combats dans la boue, faire des parcours du combattant ou encore se faire recouvrir d’huile et de plume. Mais l’ambiance était tout de même bon enfant, et ça nous a permis de mieux nous connaître ! »

Abolir les pratiques avilissantes

Pour les défenseurs de ce genre de pratiques, le bizutage n’est qu’un ensemble de rites et de traditions visant à intégrer les nouveaux venus. Ces derniers devant se soumettre à des épreuves afin de faire partie du groupe. Pour Marie-France Henri, présidente du Comité national contre le bizutage (CNCB), « ce sont de faux arguments, visant à justifier des pratiques humiliantes qui ne respectent pas les règles élémentaires de la vie en société, comme le respect de soi et d’autrui. Sans compter que l’année dernière encore, quatre étudiants sont morts lors d’un bizutage. » La loi du 17 juin 1998 définit le bizutage comme « le fait pour une personne, d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations, ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatifs ». D’après cette définition, le bizutage porte atteinte à la dignité humaine, et par conséquent aux Droits de l’Homme. Pour Marie-France Henri, ce genre de rites avilissants peut avoir des répercussions psychologiques graves sur les jeunes gens les plus fragiles. « La majorité de ceux qui acceptent de faire ce qu’on leur dit le font par peur des répercussions sociales et scolaires. Et certains se sentent même contraints d’arrêter leurs études parce qu’ils n’ont pas voulu participer et sont donc exclus du groupe », explique-t-elle. « D’années en années, on constate que le bizutage est en baisse constante, et que les jeunes osent de plus en plus en parler, concède-t-elle, mais le principal obstacle dans la lutte contre le bizutage reste la loi du silence qui règne dans la plupart des établissements ». Pour briser cette omerta, il est possible de contacter le CNCB, ainsi que le rectorat de chaque académie, grâce à des numéros verts mis en fonctionnement depuis cette rentrée universitaire.

Plus d’infos : http://contrelebizutage.fr/design/d... La liste des numéros verts : http://www.gouvernement.fr/gouverne...

© Marion Sevenier – Uni-éditions – octobre 2011

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