Le manuel numérique, du moins tel qu’il a été expérimenté, ne signifie pas la disparition de l’ouvrage dans sa version papier. Les élèves détiennent le livre chez eux, qu’ils gardent précieusement pour réviser à la maison, tandis que le professeur, lui, dispense le cours sur rétroprojecteur, grâce au manuel en version numérique. Ce dernier peut comporter des éléments multimédia et interactifs supplémentaires par rapport à la version papier. L’expérimentation des tablettes tactiles dans certains collèges et lycées cette année pourrait bien accélérer cette tendance : dans l’académie de Grenoble, 300 tablettes ont été distribuées dans des classes allant du primaire aux BTS. Les environnements numériques de travail (ENT), quant à eux, sont des espaces accessibles à tous : enseignants, parents et élèves. Leur but est d’assurer le suivi pédagogique de l’élève, et il se généralise également de plus en plus à l’université. Accessibles par ses utilisateurs via n’importe quelle connexion Internet, ces plateformes numériques contiennent des ressources pédagogiques, un espace personnel de travail, mais aussi des informations destinées à une meilleure organisation de la pédagogie, notamment pour les travaux en groupe. En septembre dernier, les 2/3 des académies avaient un projet de généralisation des ENT.
Les obstacles au développement du numérique à l’école
Manuels numériques et ENT offrent des avantages incontestables. Plus écologique, plus interactive et plus mobile, une éducation au tout numérique est aussi la solution au poids excessif des cartables. Mais les obstacles sont encore nombreux. En premier lieu, les élèves, de la maternelle à l’université, ne sont pas tous égaux en termes d’équipements. Tous n’ont pas accès aux ordinateurs, connexions Internet ou encore tablettes tactiles nécessaires au bon usage des ressources mises à leur disposition, si riches soient-elles. L’usage des manuels numériques exige également que chaque classe ait à disposition un ordinateur et un rétroprojecteur, mais tous les établissements scolaires n’en sont malheureusement pas dotés. Enfin, leur utilisation nécessite une formation à la fois des élèves et des enseignants. Du côté des élèves, c’est le B2i (brevet informatique et Internet) qui remplit déjà cette fonction, tandis que le site Eduscol permet aux enseignants d’accéder gratuitement à des ressources pédagogiques accessibles en ligne. Malgré un fort enthousiasme de la part de la communauté enseignante (90% d’entre eux estiment que les manuels numériques leur permettent de mobiliser l’attention de toute la classe, selon un sondage de Savoir Livre), le manuel papier, voué à disparaître tôt ou tard, a tout de même encore de beaux jours devant lui…
Plus d’infos : http://eduscol.education.fr/dossier
© Marion Sevenier – Uni-éditions – octobre 2011



